Prenons un peu de hauteur vis-à-vis des actions de marketing plus traditionnelles qui nous animent au quotidien pour imaginer ce que pourrait être le marketing de demain. Vous avez sans doute déjà entendu parler du Web 3.0. Qu’est-ce que cela signifie et quelle place le retail pourrait y tenir ?

C’est quoi le web 3.0 ?

Le Web 3.0 est une vision décentralisée d’Internet, se basant sur des technologies comme la blockchain, l’intelligence artificielle…  pour améliorer l’expérience utilisateur et proposer du contenu personnalisé.

Quelle est l’idée derrière ?

La décentralisation des données.

Le web 3.0 vise à supprimer au maximum les intermédiaires dans la gestion des données et des contenus. Les partisans voient l’espoir de plus de collectif et de pertinence pour l’utilisateur.

Concrètement, si l’on prend l’exemple d’une musique, la transaction basée sur des tokens assure que l’artiste et tous les autres créatifs sont rémunérés peu importe comment l’œuvre est utilisée, et ce sans l’intermédiaire d’une plateforme comme Spotify.

Pourquoi dit-on “3.0” ?

On désigne souvent trois vagues liées au web :

  • La première,  celle de l’information statique, consultable sans possibilité d’interaction.
  • La seconde, celle de l’interaction, les utilisateurs peuvent désormais réagir au contenu, participer à l’édition, la publication…. C’est un web à l’image des réseaux sociaux
  • Enfin la troisième, celle d’un web centré sur l’utilisateur, d’où le 3.0

Voici un tableau récapitulatif bien construit de Digitad :

 L’appellation web 3.0 est employée  pour sous-entendre une révolution majeure pour Internet

Maxime, Responsable Marketing

Pourquoi y a-t-il un engouement autour du web 3.0 ?

Internet a déjà démontré sa capacité à être novateur et générateur de business. Pour beaucoup, cela induit la peur de manquer le coche ou d’être dépassé. Personne n’aime être du côté perdant de l’Histoire.

En illustration, le rapport Deloitte 2019 souligne que 86 % des exécutifs ont peur de perdre leur avantage concurrentiel s’ils n’adoptent pas la blockchain.

D’autant que les sujets comme les crypto-monnaies, les NFT ou la blockchain sont très populaires et participent à amplifier cet engouement.

Si NFT et Metaverse sont basés sur des technologies différentes, leurs applications et l’engouement qu’elles suscitent font écho l’une à l’autre. Elles annoncent une nouvelle révolution du web, le fameux Web3.

Marc Olivier, délégué général Fevad

Quelle critique du web 3.0 ?

Le concept reste encore flou.

A ce jour, les idées dominent vis-à-vis du réel, le web 3.0 est un terme avant d’être un cadre, ce qui contribue à un effet spéculatif. 


On note des sujets de discussion à éclaircir, exemple le RGPD,  où est normalement nécessaire la précision d’un lieu de stockage des données, ce qui, dans le cas de la blockchain, n’est pas réellement envisageable.

L’étude Deloitte rapporte ainsi que 71% des répondants pensent que la plus grande barrière à la blockchain sont les réglementations légales qui pourraient être mises en place et sur lesquelles il n y a pas encore de visibilité.

Exemple d’expérimentation du Web 3.0 de la part des retailers

  • Monoprix NFT la mise en vente de NFT depuis une plateforme spécifique, ainsi que des bornes dans quelques magasins parisiens pour en acheter en point de vente
  • Les galeries Beaugrenelles qui ont collaboré avec Lizy pour proposer une conversion crypto carte cadeaux en magasin
  • Gucci Vault, dans le métaverse pour offrir un espace virtuel dédié à la mode extrait de son concept permettant d’acheter des pièces historiques de la marque.  

Les exemples sont nombreux et outre des expérimentations comme nous pouvons le voir ci-haut, nous observons que les détaillants se servent de ces expérimentations pour compléter l’expérience.

Monoprix propose du digital in-store, les galeries expérimentent de nouvelles solutions de service financier tandis que Gucci introduit un nouveau support de consommation. 

Comment peut-on imaginer la suite 3.0 pour le retail

Quand un ordinateur est capable de choisir votre couleur de rouge à lèvres mais qu’une personne doit le livrer à votre domicile. On sait que le retail a encore du pain sur la planche. 

Blend Space (traduction Hyperspread d’une de leur citation)

Le parcours du consommateur et l’attelage du commerce vont pour sûr être l’un des challenges dominants du retail.

On peut tout d’abord mentionner comment les solutions de paiement vont sans l’ombre d’un doute faire l’objet d’une mutation vers des actifs numériques.

Le rapport 2021 Deloitte souligne que 94% des répondants pionniers dans les industries des services financiers croient qu’ils seront une alternative solide, voire un remplacement aux monnaies fiduciaires.

On peut aussi évoquer l’hybridation encore et toujours de l’expérience client in et out store, où le périmètre de l’enseigne va s’élargir toujours plus. 

Avec un web concentré sur la singularité de chaque utilisateur, nul doute que l’expérience physique va devoir redoubler d’effort. La seule finalité de vente ne sera probablement pas suffisante.

Nous pouvons imaginer un commerce à milieu entre showroom, voisinage, espace détente, centre d’achats…

Conclusion, travailler d’ores et déjà une expérience personnalisée et multi-canal

Pour l’avenir, il est bien sûr intéressant de réfléchir au rôle que le commerce va entretenir pour les consommateurs.

Concernant l’hybridation du parcours client, si l’on considère que l’achat en ligne a pris part dans nos vies personnelles, à l’inverse, on peut estimer que le commerce va développer une dimension sociale dans notre vie de consommateur.

C’est aussi ça le phénomène d’hybridation. 

Un web 3.0 a ainsi de grandes chances de reporter un rôle de plus en plus “relationnel” sur les commerces locaux 

Dans ces cas-là, il ne fait aucun doute que le commerce de proximité et la communication locale vont s’avérer essentiels à la gestion du réseau de points de vente.

Il n’est pas à exclure que la capacité de personnaliser le message, l’offre et l’expérience va devenir un penchant indiscutable de différenciation pour l’enseigne.